Alchimie,

Intuition et réminiscences

Les écrits du Sieur Nicolas Lefevre

Quelques éléments sur les PREMIER-ÊTRE de plantes 
et leurs qualités de regénération, tirés du



COUR DE CHIMIE
POUR
SERVIR D’INTRODUCTION
à cette Science.

PAR 
NICOLAS LEFEVRE  
Professeur Royal en Chimie, & Membre de la Société Royale de Londres.


§. 10.  De la manière de faire les liqueurs des plantes, & leurs premier êtres.
Toutes les plantes ne sont pas propres à cette opération, à cause qu’elles n’ont pas également en elle une proportion suffisante de sel, de soufre & de mercure, pour communiquer à leurs liqueurs & à leurs premiers êtres, la vertu de renouveler & de restaurer ; & Paracelse même ne nous en recommande que deux entre toutes, qui doivent servir de règle & d’enseignement pour toutes les autres sortes de plantes, qui sont à peu près de la nature de ces deux, qui sont la mélisse & la grande chélidoine, entre celles qui approchent de ces deux, nous y pouvons légitimement comprendre la grande scrophulaire, la petite centaurée & les plantes vulnéraires, comme le pyroha, la consolida saracenica, la verge dorée, le mille pertuis, l’absinthe, & généralement toutes les plantes alexitères, comme le scordium, l’asclepia, la gentiane & les gentianelles, la rue, le persil, l’ache & beaucoup d’autres que nous laisserons au choix & au jugement de l’Artiste, qui les préparera toutes de la sorte que nous le dirons ci-après, & lorsqu’il en aura tiré la liqueur ou le premier être, il s’en servira dans les occasions, selon la vertu de la plante.
Il faut cueillir celle de ces plantes, qu’on voudra préparer, lorsqu’elle est en son état, c’est-à-dire, lorsqu’elle est tout à fait fleurie ; mais qu’elle n’est pas encore en semence, au temps  que Paracelse nomme balsamiticum tempus, le temps  balsamique, qui est un peu devant le lever du Soleil, parce qu’on a besoin dans cette opération de cette douce & agréable humeur, que les plantes attirent de la rosée durant la nuit, par la vertu magnétique & naturelle qu’elles ont de se fournir de l’humidité dont elles ont besoin, tant pour leur subsistance & pour leur vie, que pour résister aussi à la chaleur du Soleil, qui les suce, & qui les dessèche durant le jour.
Lorsque vous aurez une quantité suffisante de la plante que vous voulez préparer, il la faut battre au mortier de marbre, & la réduire en une bouillie impalpable, autant que faire se pourra ; puis il faut mettre cette bouillie dans un matras à long col, qu’il faut sceller du sceau de Hermès, & le mettre digérer au fumier de cheval durant un mois philosophique, qui est l’espace de quarante jours naturels, ou bien mettre le vaisseau au bain vaporeux, & qu’il soit enfermé dans de la sciure de bois ou dans de la paille coupée, durant le même temps, & à une chaleur analogue à celle du fumier de cheval. Ce temps  étant expiré, il faut ouvrir votre vaisseau pour tirer la matière qui sera réduite en liqueur, qu’il faut presser & séparer le pur de l’impur par la digestion au bain-marie à une lente chaleur, afin qu’il se fasse une résidence des parties les plus grossières, que vous séparerez par inclination, ou ce qui sera mieux, en filtrant cette liqueur à travers du coton par l’entonnoir de verre : il faut mettre cette liqueur ainsi dépurée dans une fiole, afin d’y joindre le sel fixe qu’on tirera de l’expression de la plante, ou de la même plante desséchée : ce qui servira pour augmenter sa vertu, & pour la rendre de plus longue durée, & même comme incorruptible.
Mais lorsque l’Artiste veut pousser plus loin son travail, qu’il veut purifier cette liqueur au suprême degré & la réduire en premier être, il y procédera de la sorte. Il faut prendre parties égales de cette liqueur & de l’eau de sel, ou de sel résout, dont nous enseignerons la pratique au Traité des sels, & les mettre dans un matras, qu’il faudra sceller hermétiquement, & l’exposer au Soleil six semaines durant, & ainsi, sans aucun autre travail, cette liqueur saline séparera toutes les hétérogénéités & les limosités, qui empêchaient la pureté & l’exaltation de ce noble médicament ; mais à la fin de ce temps, on verra trois séparations différentes, qui sont les fèces de la liqueur de l’herbe, le premier être de la plante, qui est vert & transparent comme l’émeraude, ou clair & rouge comme le grenat oriental, selon la qualité & la quantité du sel, du soufre où du mercure, qui auront prédominé dans la plante qu’on aura ainsi préparée.
Je sais qu’il y en aura plusieurs qui diront que la pratique de cette opération est facile, & que la plupart ne croiront jamais que la liqueur des plantes, ni leur premier être, puissent posséder les vertus que nous leur attribuions après Paracelse. Je souhaiterais néanmoins que chacun en fut persuadé par des expériences légitimes & très assurées, comme je le suis, afin que les Artistes se missent à travailler à ces rares préparations, avec une confiance de n’être point frustrés du bien qui leur en peut revenir en particulier, & de celui qu’ils procureront à la société civile, par la santé qu’ils conserveront, ou qu’ils répareront dans les sujets particuliers qui la composent.


§. 12. De la vertu & de l’usage du premier être des plantes.
On pourra se servir du premier être des plantes dans tous les cas où nous avons dit que leurs liqueurs étaient utiles. Mais il doit y avoir cette notable différence, que comme ces beaux remèdes sont beaucoup plus purs & plus exaltés, que les liqueurs qui sont plus corporelles ; ce qui fait qu’on doit nécessairement diminuer leur dose de beaucoup, de manière que ce qui se donnait par drachmes avant ce haut degré de préparation, ne se donne plus que par gouttes. La dose en est donc depuis trois goutta jusqu’à vingt, en augmentant par degrés : on peut prendre ce remède dans du vin blanc, dans un bouillon, ou dans quelque décoction ou quelque eau, qui pourront servir de véhicule au médicament, pour le faire agir & le faire pénétrer par la subtilité de ses parties jusque dans nos dernières digestions, pour en chasser le mauvais & l’inutile, y rétablir les forces, & finalement remettre la nature dans son véritable état, pour la direction de la santé du sujet dans lequel elle agit.
Mais il faut que nous montrions que ce n’est pas sans raison, que Paracelse parle de la préparation des premiers êtres dans le Traité, que nous en avons cité ci-dessus, qui est celui de renovatione & restauratione, c’est-à-dire, du renouvellement & de la restauration ; car ce grand homme, conclut ce Traité, par la façon de faire les premiers êtres de quatre matières différentes ; savoir, le premier être des animaux, celui des pierres précieuses, celui des plantes & celui des liqueurs, qui est celui des soufres ou des bitumes ; il ne s’est pas voulu contenter de faire le discours théorique de la possibilité du renouvellement & de la restauration de nos manquements intérieurs & extérieurs ; mais il a voulu de plus donner la pratique de travailler sur diverses matières pour en tirer les premiers êtres, & conclut enfin par la manière de s’en servir pour se pouvoir renouveler.
Il dit donc qu’il faut simplement mettre autant de cette précieuse liqueur dans du vin blanc, qu’il en faudra pour le colorer de la couleur approchante de celle du remède, & qu’il en faut boire ou faire boire un verre tous les matins à jeun à celui, ou à celle qui aura quelque défaut d’âge ou de maladie. De plus, il donne les signes du commencement & du progrès de ce renouvellement, & le temps  auquel il faut cesser l’usage de ce médicament admirable ; car il n’a pas crû devoir dire les signes, ni les observations qu’on doit faire lorsqu’on le prend pour quelque maladie sensible, puisqu’il s’ensuit nécessairement qu’on en doit continuer l’usage, jusqu’à ce qu’on en ressente du soulagement, ou jusqu’à ce que le mal diminue, & c’est alors qu’il faudra cesser l’usage du remède.
Mais pour les signes du renouvellement, il les met d’une suite judicieuse, comme s’il voulait prévenir l’incrédulité de ceux qui ne connaissent pas la puissance, ni la sphère d’activité de la vertu & de l’efficace que Dieu a mise dans les êtres naturels, lorsqu’il sont réduits par le moyen de l’Art à leur principe universel, sans perte de leur bonté séminale ; ou bien encore pour prévenir l’étonnement de ceux qui s’en serviront, puisque ce qui arrive, ne cause pas une petite surprise, lorsque la personne qui se sert de ces remèdes voit premièrement tomber ses ongles des pieds & des mains ; qu’ensuite de tout cela, tout le poil du corps lui tombe & les dents ensuite ; & pour le dernier de tous, que la peau se ride, & se dessèche peu à peu & tombe aussi de même que le reste, qui sont tous les signes & les observations qu’il donne du renouvellement intérieur par ce qui se fait en l’extérieur.
C’est comme s’il vouloir nous insinuer & nous faire comprendre qu’il faut de toute nécessité, que le médicament ait pénétré par tout le corps, & qu’il l’ait rempli d’une nouvelle vigueur, puisque les parties extérieures qui sont insensibles, & comme les excréments de nos digestions, tombent d’elles-mêmes sans aucune douleur ; mais remarquez qu’il fait cesser l’usage du remède, lorsque le dernier signe apparaît, qui est la sécheresse de la peau, ses rides & sa chute ; parce que c’est un signe universel, que l’action du renouvellement s’est étendue suffisamment par toute l’habitude du corps, que la peau couvre généralement, & qu’ainsi il a fallu que cette vieille écorce tombât, & qu’il en revint une autre, parce que la première n’était plus assez poreuse ni assez perméable, pour faire que la chaleur naturelle qui est renouvelée, pût chasser au-dehors toutes les superfluité des digestions, qui sont les causes occasionnelles internes & externes de la plupart des maladies du corps humain.
Je sais que ce remède & les vertus renovatives & restauratives qu’on lui attribue, passeront pour ridicules parmi le vulgaire des Savants, & même parmi ceux qui se prétendent Physiciens. Tant à cause que la Philosophie du cabinet, n’est pas capable de comprendre ce mystère de nature ; que parce qu’ils ne sont pas aussi convaincus, ni les uns ni les autres par aucune preuve, ni par aucune expérience. Mais il faut que j’entreprenne de les convaincre par deux exemples, l’un tiré de ce qui se fait naturellement tous les ans, par le renouvellement de quelques animaux en une certaine saison seulement ; & l’autre de l’histoire très véritable que je rapporterai, de ce qui arriva à un de mes meilleurs amis, qui prit du premier être de mélisse ; à une femme plus plus que sexagénaire, qui en prit aussi ; & enfin de ce qui arriva à une poule qui mangea du grain, qu’on avait abreuvé de quelques gouttes de ce premier être.
Pour ce qui est du premier exemple, il n’y a personne qui ne sache le renouvellement de la tête ou du bois du cerf, comme aussi la dépouille de la peau des serpents & des vipères, sans parler de celui des alcyons, puisque Paracelse en fait l’histoire dans le traité que nous avons cité ci-devant ; mais de tous ceux qui savent que cela se fait, il y en a peu qui sachent, ou qui se mettent en peine de savoir & de connaître comment, par quel moyen & pour quelles raisons cela se fait. Car premièrement, pour ce qui est des serpents en général, il faut considérer qu’ils demeurent cachés sous terre, ou dans les creux des arbres & des rochers, ou logés parmi des pierrailles, depuis la fin de l’automne jusque bien avant dans le printemps ; & qu’ainsi durant ce temps , ils sont comme assoupis & comme morts, que leur peau devient épaisse & dure, que même elle perd sa porosité pour la conservation de l’animal qu’elle couvre ; car s’il se faisait une expiration continuelle, il se ferait aussi une déperdition de la substance de cet animal : or après que les serpents sont sortis de leurs trous au printemps , & qu’ils ont commencé à paître & à prendre pour leur nourriture la pointe des herbes, qui ont la vertu de renouveler : aussitôt cet animal étant excité par une démangeaison qu’il sent vers le contour de sa tête, à cause de la chaleur des esprits, qui sont échauffés par ce remède naturel, il se frotte & se glisse jusqu’à ce qu’il se soit dépouillé la tête de sa vieille peau. Ce qu’il continue le reste du même jour, jusqu’à ce qu’il ait jeté cette dépouille, qui lui était non seulement inutile ; mais qui même l’eût fait suffoquer, faute d’être poreuse & transpirable, & alors il paraît tout glorieux de son renouvellement ; ce qui se remarque par la différence du mouvement lent & paresseux de ceux qui ne sont pas renouvelés, d’avec l’action vive de ceux qui sont dépouillés, dont le mouvement est si prompt & si léger, que même ils se dérobent facilement à notre vue ; & de plus, la peau des uns est vilaine & de couleur de terre, & l’autre au contraire est unie, belle, luisante & bien colorée.
Pour ce qui est de l’exemple du cerf, cela se fait d’un autre manière & pour une autre raison, que ce qui arrive aux serpents ; car cet animal ne se cache point en terre, ni ne renouvelle pas toutes ses parties extérieures, puis qu’il n’y a que ses cornes, sa tête ou son bois, qu’il met bas au printemps ; mais la raison est, que ce pauvre animal est privé durant l’hiver d’une nourriture, qui soit suffisante pour nourrir & entretenir cette production merveilleuse qu’il a sur la tête, puisque même il n’en a pas assez pour sa propre subsistance & pour sa vie ; alors les Veneurs disent que les bêtes sont tombées en pauvreté ; ce qui se reconnaît, non seulement par leur maigreur & par leur faiblesse, mais aussi principalement par leur bois, qui devient aride, spongieux & sec, parce que cet animal n’a pas une vigueur assez abondante pour pousser un aliment spiritueux & salin jusque dans ce bois, à cause du défaut de l’aliment, comme nous le disions à ce moment.
Or, c’est de cet aliment que vient la force, la vigueur & la subsistance au bois du cerf ; ce qui fait qu’il est contraint de mettre bas, lorsqu’un aliment bon & succulent lui revient au printemps, qui l’anime, qui l’échauffe, & qui fait végéter de nouveau, s’il faut dire ainsi, la tête de l’animal. Nous ne dirons rien davantage de ce renouvellement, ni de la vertu qui est contenue dans le nouveau bois du cerf, comme dans celui qui est une fois durci & comme parfait, parce que nous en avons amplement fait mention au Chapitre de la préparation Chimique des animaux & de leurs parties.
Mais venons à présent à la preuve du renouvellement, qui a été commencé de l’usage d’un premier être, par le récit de l’histoire que nous avons promise, & qui se passa de la sorte. Après qu’un de mes meilleurs amis eut préparé le premier être de la mélisse, & que tous les changements & toutes les altérations, que Paracelse requiert, eurent succédé selon son espérance & selon la vérité, il crut ne pouvoir être pleinement satisfait en son esprit, s’il ne faisait l’épreuve de ce grand arcane, afin d’être mieux persuadé de la pure vérité de la chose, & de renonciation de l’Auteur qu’il avait suivi ; & comme il connaissait que l’expérience est ordinairement trompeuse en autrui, il la fit sur soi-même, sur une vieille servante, qui avait près de soixante & dix ans, qui servait en la même maison, & sur une poule qu’on nourrissait au même lieu. Il prit donc près de quinze jours durant, tous les matins à jeun, un verre de vin blanc coloré de ce remède ; & dès les premiers jours, les ongles des pieds & des mains commencèrent à se séparer de la peau sans aucune douleur, & continuèrent ainsi, jusqu’à ce qu’ils tombèrent d’eux-mêmes. Je vous avoue qu’il n’eut pas assez de constance pour achever de faire cette expérience toute entière, & qu’il crut d’être plus que suffisamment convaincu par ce qui lui était arrivé, sans qu’il fut obligé de passer plus avant sur sa propre personne.
C’est pourquoi, il fit boire de ce même vin tous les matins à cette vieille servante, qui n’en prit que dix ou douze jours ; & avant que ce temps  fut expiré, ses purgations lunaires lui revinrent avec une couleur louable & en assez grande quantité, pour lui donner de la terreur, & pour lui faire croire que cela la ferait mourir, puisqu’elle ne savait pas qu’elle eût pris quelque remède capable de la rajeunir ; cela fut cause aussi que mon ami n’osa passer plus loin, tant pour la peur qui avoir saisi cette pauvre femme, qu’à cause de ce qui lui était arrivé. Après avoir ainsi fait l’épreuve très certaine des effets de son médicament sur l’homme & sur la femme ; il voulut savoir s’il agirait aussi sur les autres animaux, ce qui fit qu’il trempa des grains dans le vin, qui était empreint de la vertu de ce premier être, qu’il fit manger à une vieille poule à part, ce qu’il continua quelque huit jours, & vers le sixième la poule fut déplumée peu à peu , jusqu’à ce qu’elle parut toute nue ; mais avant la quinzaine les plumes lui repoussèrent ; & lorsqu’elle en fut couverte, elles parurent plus belles & mieux colorées qu’auparavant, sa crête se redressa & pondit des œufs plus qu’à l’ordinaire. Voilà ce que j’avais à dire là-dessus, & d’où je tire les conséquences qui suivent.
Je crois qu’il n’y a personne, dont le sens soit assez dépravé pour ne pas concevoir facilement, que puisque la nature nous enseigne par toutes les opérations, qu’il faut entretenir la porosité dans les corps vivants pour les faire vivre, avec toutes les fonctions nécessaires aux parties qui les composent : qu’aussi faut-il de toute nécessité, que l’art qui n’est que l’imitateur de la nature, fasse la même chose, pour entretenir & pour restaurer la santé des individus, qui sont commis à son soin & à sa tutelle.
Ce qui fait que je dis conséquemment, qu’il faut que le Médecin & l’Artiste Chimique travaillent incessamment à découvrir, par l’anatomie qu’ils feront des mixtes naturels, cette partie subtile, volatile & pénétrante & agissante, qui ne soit point corrosive ; mais au contraire, qui soit amie de notre nature, & qui aide simplement à la faire enfanter sans la contraindre. Et comme je sais qu’il n’y a que les sels volatils sulfurés, qui puissent avoir la puissance d’agir de la manière que nous avons dite, aussi faut-il qu’ils étudient de toute leur puissance, à détacher cet agent amiable, & qui est néanmoins très efficace, du commerce du corps grossier & matériel, s’ils veulent être les vrais imitateurs de la nature, qui se sert toujours de ce même agent, pour conduire tous les corps animés à la perfection de leur prédestination naturelle, si elle n’en est empêchée par quelque cause occasionnelle externe ou interne, qui interrompent ordinairement l’ordre, l’économie & la conduite des ressorts, qui maintiennent une agréable harmonie dans tous les composés animés. Or, c’est ce que Paracelse a fait, en nous apprenant la façon de préparer les liqueurs & les premiers êtres, parce que cette opération sépare le subtil du grossier, qu’il conserve & qu’il exalte les puissances séminales du composé, jusqu’à ce qu’elle l’ait rendu capable de réparer les défauts des fonctions naturelles ; afin qu’à l’exemple de ce grand Naturaliste, & que suivant les idées que nous avons données dans ce discours que nous avons tracé, avant que de venir au détail des parties des végétaux & de toutes les opérations, auxquelles ils sont soumis parle travail de la Chimie, que tous ceux qui s’adonnent particulièrement à ces belles préparations, soient prévenus d’une connaissance générale de leurs parties subtiles ou grossières, ils puissent aussi conduire & régler leur jugement & leurs actions, selon les théorèmes & les notions que nous avons données, qu’ils approprieront par la direction de leurs intentions à chaque végétable en particulier ; & qu’ainsi l’Artiste puisse satisfaire à soi-même, à l’illustration & à l’ennoblissement de sa profession, & encore ce qui doit être son principal but, à l’entretien & au recouvrement de la santé de son prochain.

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